histoires de cœur (the hearts of bavaria)

Quand on était jeunes, à l’époque de nos dernières années de primaire, on écoutait Simple Plan.
Quand un des p’tits couples de notre classe cassait, on chantait la toune Heartbreaker (I’m addicted to yoooou, heartbreaker!). On le chantait à Jé qui avait fait pleuré notre amie, comme une insulte, et on le chantait entre nous, pour nous remonter le moral.
D’ailleurs, si vous vous demandez pourquoi on écoute des tounes tristes pour nous sauver la vie, des gens plus scientifiques que moi en ont fait des études. Pour moi, on est surtout content de pouvoir chanter nos tripes dans les mots d’une chanson. S’exorciser ainsi. Mon adolescence a grandi parmi une terre fertile de tounes angsty, de quizz dans des magasines de filles, de poèmes incompris avec trop de rimes pauvres en « é », et d’insécurité chronique. De la belle engrais.

Le cœur métaphorique en chanson

Heartbreaker de Simple Plan n’était qu’un pou dans la tête infestée d’une Rapunzel Rasta. Les chansons du genre ne se comptent pas. À moins que des gens plus scientifiques que moi les ai comptées pour une méta-étude complexe sur nos habitudes de vie et nos visions mélodiques de l’amour. (Prières de m’en informer)

Christina Perri a sorti en 2010 la chanson « Jar of Hearts », qui s’est projetée dans les tops hits. Ce nouvel agencement de notes déchirantes a aidé plein de gens plein de douleurs douloureuses à se sentir mieux dans leurs peines d’amour. C’est l’histoire d’un briseur de cœur. Encore et toujours. Il revient chercher une autre portion d’amour auprès de la chanteuse à peine remise de ses tristesses. Elle n’est pas contente de le voir de nouveau. Tiraillée entre sa tête et son cœur, elle fait ce qu’on fait tous, elle écrit (une chanson) plutôt que de confronter nos vraies vies.

En gros, c’est une version un peu plus dramatique de « I will survive. » Le refrain va comme suit:

And who do you think you are?
Runnin’ ’round leaving scars
Collecting your jar of hearts
And tearing love apart
You’re gonna catch a cold
From the ice inside your soul
So don’t come back for me
Who do you think you are?

Collecting your jar of heartsJar of Hearts, le titre de la toune. Les fans les plus intenses le comprennent du fond de leurs entrailles, ça leur parle de partout. Maintenant, historiquement. Ceci est la partie du blog où vous apprenez quelque chose, histoire que mon séjour au loin soit édifiant pour nous tous.

Question: Qui est plus susceptible de collectionner des cœurs dans des pots massons? Les tombeurs de jupon? Les serial killers collectionneurs d’organes trophées/souvenirs? Du tout.

Réponse: Les rois de Bavière.

Les cœurs monarchiques

En 1886, Ludwig II, le roi conte-de-fée, the swan king of Bavaria, a été enterré dans une crypte de Munich après sa mort controversée dans les eaux du lac Starnberg. Cependant, sa dépouille n’est pas complète. Selon la tradition du royaume, son cœur fut entreposé dans une urne argentée dans la Gnadenkapelle, la chapelle sainte de Altötting — aux côtés des cœurs de son père et de son grand-père.

Un cœur. (Trois cœurs)
Dans une urne. (Trois urnes)
Dans une chapelle.

Il y a là-dedans un conte de fée et une œuvre d’art. Je ne peux créer ni l’un ni l’autre — je ne saurais pas où commencer (le Nanowrimo a mangé mon cœur, rien d’autre ne pompe ce mois-ci à travers mes veines), mais je peux vous offrir ceci, du fond de mes fichiers Paint (c’est-à-dire, très sincèrement):

la créature au centre de tout sang (le coeur)

C’est ce que j’ai qui se rapproche le plus d’un cœur.  Et ce, incluant mes organes.

Ça dit: Je suis le centre de mon sang.

 *

Cœur de survivance

Pouchkine a un jour écrit un très beau poème, destiné à une femme mariée dont il s’était amouraché. C’est qu’il était débauché, le voyou. Je ne connais pas d’autre poème de lui, je n’en ai jamais cherché. David Leblanc m’en avait dédicacé les derniers vers dans son livre (génial), Mon nom est personne. Ils font partie des plus beaux vers que je connaisse, right at the top avec Gaston Miron et le poète québécois trash qui avait écrit à propos des prostitués qui n’embrassaient plus.
David me les avait inscrits en caractères russes, mais il m’avait donné une traduction approximative. Deux ans plus tard, après avoir lu le poème et l’avoir récité en russe, je préfère encore la traduction spontanée et approximative.
 .
 .
Ça disait:
.
(…)
« Dis: il y a mémoire de mon nom
Il y a dans ce monde un cœur, où je vis »
.
*
.
cri du cœur. Je vous aime. Parlez-moi.
(Je m’ennuie de vos voix)

le cochon que je n’ai pas gagné

On voulait sortir. Voir du paysage. Fêter la vie. Vous savez, YOLO (quand est-ce que l’utilisation ironique de ‘YOLO’ va devenir aussi dépassée que l’expression YOLO en soi?). Au lieu de quoi, alors que notre weekend se prolonge, on reste enfermés dans notre minuscule chambre, lui sur ses programmes de musique, moi à découvrir ce que c’est qu’un « masque d’écrêtage ». Je dessine au touchpad de mon laptop en attendant d’acheter une tablette. Mon Allemand crée des beats. Nous sommes des z’artisses. À force, mes yeux s’hypersensibilisent et brûlent derrière mes paupières, la morsure d’après 3AM. Mes fesses souffrent d’être assises si longtemps. Une fois, j’ai hypothésé: my ass is probably just not big enough for comfortable sitting (à la the worlds most comfortable ass). Il m’a répondu qu’en toute logique, c’était plutôt le manque de muscles qui posait problème. (Snap.)
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