le cochon que je n’ai pas gagné

On voulait sortir. Voir du paysage. Fêter la vie. Vous savez, YOLO (quand est-ce que l’utilisation ironique de ‘YOLO’ va devenir aussi dépassée que l’expression YOLO en soi?). Au lieu de quoi, alors que notre weekend se prolonge, on reste enfermés dans notre minuscule chambre, lui sur ses programmes de musique, moi à découvrir ce que c’est qu’un « masque d’écrêtage ». Je dessine au touchpad de mon laptop en attendant d’acheter une tablette. Mon Allemand crée des beats. Nous sommes des z’artisses. À force, mes yeux s’hypersensibilisent et brûlent derrière mes paupières, la morsure d’après 3AM. Mes fesses souffrent d’être assises si longtemps. Une fois, j’ai hypothésé: my ass is probably just not big enough for comfortable sitting (à la the worlds most comfortable ass). Il m’a répondu qu’en toute logique, c’était plutôt le manque de muscles qui posait problème. (Snap.)
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J’étais dans l’autobus.

Il y avait deux gars qui parlaient de commencer à bien manger. De s’inscrire au gym.

bonnes intentions

Genre j’comptais faire ça à Noël, mais j’avais pas le temps, alors après j’me suis dit à la Nouvelle Année, mais y avait trop de monde pis de toute façon ça marche jamais les résolutions de début d’année. Faque j’me suis dit, à la prochaine session je m’inscris. Mais bon. J’étais trop occupé. Mais je veux encore, hein. J’attends juste le bon moment. J’attends mon anniversaire, j’irai m’abonner à mon anniversaire, c’est un bon moment, tsé.

Il a réussi à convaincre son ami qu’il commencerait à changer sa vie dès son stupide anniversaire.

Quand j’ai quitté le Québec, j’étais assise dans l’aéroport à ne connaitre personne et, en rattachant mes souliers après les douanes, je me suis dit : v’là une période adéquate de mes aventures pour bricoler un blog. Mais je l’ai pas fait. Quand j’ai entendu parler de l’anorexie de la princesse Sissi, de l’homosexualité excentrique de King Ludwig II et d’Alexandra de Bavière qui croyait avoir avalé un grand piano de verre dans son enfance, je me suis rappelé qu’il serait temps que je le bâtisse, ce blog, pour en jaser. Mais je ne l’ai pas fait. Quand la session d’automne universitaire allait commencer, je me suis dit : tiens, je peux faire un blog sur la première année de ma vie depuis que mes souvenirs me semblent m’appartenir où je ne me prépare pas à retourner sur les bancs d’école, et discuter des connaissances alternatives que j’accumulerai en marge.

Et puis sur Facebook, les publications de mes ami(e)s sur la rentrée. Une autre occasion ratée. J’avais mes excuses. Comme le gars de l’autobus.

Mais à la place, j’ai ceci. Un début.

Après tout, c’est le privilège des insouciants que d’être en retard sur les événements.