perséphone l’hiver

 

L’Allemagne me tire. Dehors la neige tombe du ciel déjà mouillée, déjà pu là

Lundi on m’a proposé d’écrire des articles de blog pour un salaire raisonnable (POUR UN SALAIRE!, ça a besoin d’être répété). Un site de recettes, on trouvait que j’avais l’air de savoir de quoi je parlais. J’ai gâché ma shot en demandant au propriétaire du site, militaire en corée : « btw did you ever kill people? » . Peut-être le pire post scriptum de ma vie. Silence radio.

Je préfère les silences du théâtre: on entend au moins les acteurs respirer.

Première leçon du professionalisme: c’est pas parce que les gens sont amicaux qu’il faut leur parler comme à des amis. Au moins, ça prend juste une erreur pour se l’inculquer.

 

Pis même. À part ça. Mon hibernation continue. Autant c’est facile enchainer mes journées à mon laptop, à regarder des vidéos éducatives sur la bouffe, la musique, les romans historiques et la langue japonaise, autant le reste glisse au-delà mes repères

Ça fait déjà neuf mois que j’suis en Allemagne —

y a des femmes qui poussent des bouts de vie et de chair au monde dans c’te plage horaire là

 

moi depuis j’ai juste appris à tricoter.